Santé mondiale : des journalistes ivoiriens formés sur la résistance aux antimicrobiens(RAM). Qui cause 7 000 morts par an

Dans le cadre de la semaine mondiale de lutte contre la RAM du 18 au 24 novembre 2019, le bureau d’Abidjan de l’organisation mondiale de la santé (OMS) a organisé un atelier d’information et de formation de journalistes ivoiriens sur la lutte contre la résistance aux antimicrobiens(RAM) en Côte d’Ivoire, le lundi 18 novembre à son siège. Sous le thème : « L’avenir des antibiotiques dépend de nous tous ».

La résistance antimicrobien telle que définie par l’OMS  est la résistance d’un micro-organisme à un médicament antimicrobien auquel il était jusque-là sensible. L’OMS considère donc que cette résistance est une menace majeure pour la sécurité sanitaire mondiale ; et la situation se trouve accentuée en Afrique et particulièrement en Côte d’Ivoire.

Or, selon le rapport de l’évaluation externe conjointe(ECC) réalisé en novembre 2016, les capacités du domaine technique de la RAM dans notre pays sont insuffisantes. Il fallait donc trouver des stratégies de lutte contre cette résistance antimicrobienne. Et l’une des stratégies privilégiées par les spécialistes engagés dans cette lutte est l’information, l’éducation, la communication et la formation. D’où cet atelier à l’endroit de 24 journalistes issus de la presse écrite, audio-visuelle et en ligne, afin de renforcer leurs capacités pour contribuer efficacement aux activités de lutte contre la RAM.

 ‘Il y a urgence », a alerté le Pr Dosso Mireille de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire et  présidente du groupe  multisectoriel RAM.

« Les morts liés aux VIH sont peu par rapports à ceux causés par les micro-organismes ou  ultra organismes », a-t-elle fait savoir. Et d’ajouter : « Il n’y a plus de médicaments contre les infections microbiennes. C’est  malheureux, mais c’est une réalité ».

Pour elle, il serait difficile de gagner la bataille contre cette résistance microbienne. Et la seule alternative, c’est de réduire sa vitesse par la sensibilisation des populations sur la dangerosité de certains comportements qui confortent la RAM.

« Il faut un sursaut de la population. Elle doit changer de comportements liés à l’achat de médicaments de la rue, à l’automédication, l'environnement malsain …causes de plusieurs morts banales qu’on peut éviter. Car si on y prend garde la situation sera plus catastrophique. », a-t-elle prévu.

Les chiffres de l’OMS donnent encore froid dans le dos. Co-animant un atelier portant sur la responsabilité de la presse dans la lutte contre le  RAM avec Mamadou Traoré, journaliste-formateur et rédacteur en chef central de la rédaction de l’agence ivoirienne de presse(AIP), le Pr MBengue Gbonon a confié que 7 000  personnes meurent par an du fait de cette résistance microbienne, citant un rapport de l’OMS. Lequel chiffre pourrait atteindre 10 millions en 2050.

Face à la menace sanitaire que représente la RAM, a confié le Pr Nathalie Guessennd, point focal national de la RAM, la Côte d’Ivoire a défini une politique de lutte contre la RAM, conformément au règlement sanitaire international(RSI) depuis 2005. Cette action représente un cadre d’affirmation de la vison du gouvernement ivoirien dans cette lutte, selon l’approche « une seule santé ». Toute chose qui cadre avec les orientations du plan d’action national de sécurité sanitaire(PANSS 2018).

Régina Koko de l’USAID a salué cette initiative de l’OMS avant d’exprimer le soutien indéfectible de l’administration américaine à la lutte contre les RAM en Côte ‘d’Ivoire pour l’atteinte des objectifs internationaux et nationaux.

Dr Tania Bissouma, représentante du représentant de l’OMS à Abidjan, Jean-Marc Yaméogo, a exhorté les journalistes à porter la bonne information sur les RAM aux populations par la sensibilisation, afin de les amener à avoir moins de comportements à risques.

 

Daniel Coulibaly

 

Auteur:
LDA Journaliste

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