Côte d’Ivoire-Remaniement : Plus de vingt ministres sur la sellette, plusieurs jeunes arrivent

Alors que les Ivoiriens essaient de se remettre progressivement de troubles électoraux d’octobre, et commencent à penser aux préparatifs des fêtes de fin d’année, l’heure n’est pas à la sérénité chez des ministres du gouvernement. Menacés qu’ils sont d’être éjectés de l’équipe gouvernemental au prochain remaniement ministériel. Un sujet qui est désormais sur toutes les lèvres dans les milieux politiques et diplomatiques en Côte d’Ivoire.

Et pour cause, un audit des comptes de la campagne électorale écoulée laisse entrevoir des graves anomalies dans la gestion des fonds destinés à cette activité politique.

Meetings fictifs ou surévalués

En effet, La Diplomatique d’Abidjan (LDA, www.ladiplomatiquedabidjan.com) apprend de sources proches du dossier, que cet audit, dirigé par le ministre des Affaires présidentielles Téné Birahima Ouattara, a permis de constaté de que plusieurs cadres et même ministres n’ont pas efficacement utilisé les sommes mises à leur disposition pour battre campagne dans leurs zones respectives pour le candidat Alassane Ouattara du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Certains ont présenté des preuves qui ne tiennent pas la route au regard des activités énoncées.

« Souvent certains ont dit avoir organisé des activités tels que des meetings, où des séances de sensibilisation qui, après vérification, ne se sont jamais tenus ou se sont tenus mais avec un budget surévalué », relève la même source.

Ce qui est encore plus intrigant, c’est que les importantes sommes d’argent dégagés pour prévenir la montée de la haine ethnique – prévisible- dans certaines régions dont le Centre-est, le centre, le sud-est, l’Est et l’Ouest, n’ont pas été utilisées à bonne fin.  

Haine ethnique mal traitée

« Les violences ont été sous traités (financement) par les opposants à des petits groupes de casse pipes, naufragés sociaux. Ils ont été incapables de mobiliser leurs propres militants pour la désobéissance civile. Cela, malgré les fakenews et manipulations sur les réseaux sociaux. Mais nos cadres sont resté inactifs et n’ont pas su anticipé », se plaint notre source.

Parce que les gamins utilisés pour les violences dans les localités, entre 15 et 20 ans, n'ont pas connus la crise de  2010 et ne sont nullement partisans farouches du PDCI, du FPI et autres partis de l'opposition. L’opposition a juste introduit les conflits ethniques latents dans le processus électoral, et œuvré au retour à l'ivoirité de Bédié au cœur des débats politiques.

Pour notre source, l'irruption de la haine ethnique, autochtones contre allogènes, n'a certainement pas donné de pouvoir aux cadres RHDP des localités pour agir, craignant pour certains, d’être vus dans leurs régions comme des « vendus à l'étranger ».

Pourtant, poursuit-elle, il fallait traiter la résurgence de la haine ethnique depuis le premier discours d’Henri Konan Bédié sur l'orpaillage clandestins et ses fausses accusations de fraude sur la nationalité à l’encontre de la mairie d'Abobo il y a un peu plus d’un an.

Après toutes ces violences pré et post-électorales qui l’ont fortement affecté, Alassane Ouattara, comme le révélait récemment Jeune Afrique, entend faire un « remaniement en profondeur », qui fera la part belle à la jeunesse.

Un gouvernement avec plus de jeunes

Déjà, plus de vingt ministres ayant failli à leur mission dans le cadre de la campagne pourraient ne pas figurer sur la nouvelle liste, attendue fin décembre ou début janvier. Alassane Ouattara, pour se mandat veut concentrer tous ses efforts sur la cohésion sociale et la réconciliation nationale.  

En demandant aux cadres de son parti de se préparer pour 2020, sans désigner d’office un dauphin – au risque de faire imploser la lutte interne et plomber la cohésion au sein du RHDP, il veut diriger le pays avec cette situation, éteindre le feu avec les opposants en misant sur le dialogue politique qui vient de s’ouvrir avec le président Hanri Konan Bédié. Mais il ne faut pas se leurrer, rien n’est encore gagné de ce côté.

Armand Tanoh

Auteur:
LDA Journaliste

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