"Election contestée de Ouattara" : Cette formule « tendancieuse » de RFI qui ulcère Abidjan

« Election contestée d’Alassane Ouattara pour un troisième mandat », voilà une formule qui revient régulièrement comme un refrain dans les journaux Afrique de Radio France International (RFI), lorsqu’il y a un sujet relatif à la crise électorale ivoirienne au menu. Et ça commence à bien faire au bord la lagune Ebrié.

Car, des inconditionnels de la Radio mondiale, partisans ou proches du chef de l’Etat ivoirien, ne cachent pas leur exaspération d’entendre cette formule. « C’est une formule très très tendancieuse. Ça n’a l’air de rien, mais ça présente faussement la réalité en juste quelques mots », rumine un ministre qui se confiait mercredi à La Diplomatique d’Abidjan (LDA, www.ladiplomatiquedabidjan.com). Ce dernier qui affirme ne rien avoir contre cette radio, dit ne pas comprendre « pourquoi elle ne précise pas par qui l’élection est contestée ».

« Qui conteste l’élection du président ? Dire vaguement ‘élection contestée d’Alassane Ouattara’ sème à mon avis la confusion dans l’opinion de l’auditeur. Ils auraient dit ‘élection contestée par l’opposition’ que je n’aurais pas de problème avec cette formule, puisque c’est de ça qu’il s’agit. Mais tel que dit, ça donne l’impression que c’est tout le monde ici en Côte d’Ivoire qui conteste l’élection du président, or c’est juste une minorité qui se trouve dans cette posture de défiance vis-à-vis de l’autorité », ajoute cette personnalité.

De son côté, le stratégiste Yéo Moustapha voit dans cette expression une sorte de « matraquage insidieuse du subconscient des auditeurs ».  « Quand ils veulent être bien gentils, ils disent ‘élection controversée de Ouattara’. Mais controversée ou contestée par qui ? On ne peut pas dire que quelqu’un qui a été élu par 94% de 53% de 7 millions d’électeurs que son élection est contestée… si besoin, il y a lieu de dire par qui l’élection est contestée, que de se limiter à dire ‘élection contestée’ »,  souligne M. Yéo.

Pour lui, « il ne s’agit pas d’aller à l’encontre de la liberté de presse ou d’expression mais de dire ce qui est comme le recommande la déontologie de leur métier ». « Et je trouve que la question de la contestation de l’élection n’est plus à l’ordre du jour puisqu’il est aujourd’hui question du dialogue politique. Parler d’élection contestée dans ce contexte me parait anachronique », ajoute le stratégiste.

Malgré ces critiques, RFI reste l’une des Radios les plus écoutées en Côte d’Ivoire, mais surtout un média très apprécié et influent en Afrique Francophone.

Mohamed Compaoré

Auteur:
LDA Journaliste

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